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Chant premier, strophe 13

Homme, lorsque tu rencontres un chien mort retourné, appuyé contre une écluse qui  l’empêche de partir, n’aille pas, comme les autres, prendre avec ta main, les vers qui sortent de son ventre gonflé, les considérer avec étonnement, ouvrir un couteau, pour en dépecer un grand nombre, en te disant que toi aussi, tu ne seras pas plus que ce chien.

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Chant deuxième, strophe 7

Là, dans un bosquet entouré de fleurs, dort l’hermaphrodite, profondément assoupi sur le gazon, mouillé de ses pleurs. La lune a dégagé son disque de la masse des nuages, et caresse avec ses pâles rayons cette douce figure d’adolescent. Ses traits expriment l’énergie la plus virile, en même temps que la grâce d’une vierge celeste. Rien ne paraît naturel en lui, pas même les muscles de son corps, qui se fraient un passage à travers les contours harmonieux de formes féminines.

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Chant deuxième, strophe 8

Un trône, formé d’excréments humains et d’or, sur lequel trônait, avec un orgueil idiot, le corps recouvert d’un linceul fait avec des draps non lavés d’hôpital, celui qui s’intitule lui-même le Créateur. Il tenait à la main le tronc pourri d’un homme mort, et le portait, alternativement, des yeux au nez et du nez à la bouche; une fois à la bouche, on devine ce qu’il en faisait. Ses pieds plongeaient dans une vaste mare de sang en ébulition, à la surface duquel s’élevaient tout à coup, comme des ténias à travers le contenu d’un pot de chambre, deux ou trois têtes prudentes, et qui s’abaissaient aussitôt, avec la rapidité de la flèche: un coup de pied, bien appliqué sur l’os du nez, était la recompense connue de la révolte au règlement, occasionnée par le besoin de respirer un autre milieu; car, enfin, ces hommes n’étaient pas des poissons!  Amphibies tout eu plus, ils nageaient entre deux éaux dans ce liquide immonde!… jusqu’à ce que, n’ayant plus rien dans la main, Le Créateur, avec les deux premières griffes du pied, saisît un autre plongeur par le cou, comme dans une tenaille, et le soulevât en l’air, en dehors de la vase rougeâtre, sauce exquise!

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Chant deuxième, strophe 9

Il existe un insecte que les hommes nourrissent à leurs frais. Ils ne lui doivent rien; mais, ils le craignent […] Ô pou, à la prunelle recroquevillée, tant que les fleuves répandront la pente de leurs eaux dans les abîmes de la mer; tant que les astres graviteront sur le sentier de leur orbite; tant que le vide muet n’aura pas d’horizon; tant que l’humanité déchirera ses propres flancs par des guerres funestes; tant que la justice divine précipitera ses foudres vengeresses sur ce globe égoïste; tant que l’homme méconnaîtra son créateur, et se narguera de lui, non sans raison, en y mêlant du mépris, ton règne sera assuré sur l’univers, et ta dynastie étendra ses anneaux de siècle en siècle.

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Chant deuxième, strophe 9

J’arrachai un pou femelle aux cheveux de l’humanité. On m’a vu me coucher avec lui pendant trois nuits consécutives, et je le jetai dans la fosse.

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Chant deuxième, strophe 10

Ó mathématiques sévères, je ne vous ai pas oubliées, depuis que vos savantes leçons, plus douces que le miel, filtrèrent dans mon coeur, comme une onde rafraîchissante.

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Chant deuxième, strophe 11

Avec ses muscles, il étrangle la gorge de l’ange, qui ne peut plus respirer, et lui renverse le visage, en l’appuyant sur sa poitrine odieuse. […] Il se penche, et porte sa langue, imbibée de salive, sur cette joue angélique, qui jette des regards suppliants. Il promène quelque temps sa langue sur cette joue. Oh!… voyez!… voyez donc!… la joue blanche et rose est devenue noire, comme un charbon! Elle exhale des miasmes putrides. C’est la gangrène; il n’est plus permis d’en douter. Le mal rongeur s’étend sur toute la figure, et de là, exerce ses furies sur les parties basses; bientôt, tout le corps n’est qu’une vaste plaie immonde […] Depuis ce jour, chaque soir, dès la tombée de la nuit, l’on voit une lampe brillante qui surgit et se maintient, gracieusement, sur la surface du fleuve, à la hauteur du Pont Napoléon, en portant, au lieu d’anse, deux mignonnes ailes d’ange.

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